Vixi et quem dederat cursum fortuna peregi...
Virgile
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I |
l y a une sorte de mélancolie à contempler les signes habituels des fêtes, comme ce que montre cette photo. Certains s’attendrissent sur leur passé, d’autres déplorent son contraste avec le présent. D’autres enfin insèrent ces souvenirs dans une méditation plus vaste.
Ainsi on naît, on vit, on meurt, puis d’autres nous remplacent. Et puis tout recommence de la même façon. Vu d’en-haut, de Sirius comme on dit, ce spectacle n’a rien qui puisse véritablement affecter l’individu qui passe, et qui n’est qu’une simple goutte d’eau dans l’océan. Les vagues passent, mais la mer ne passe pas.
Ce point de vue relativisant me semble nécessaire, ne serait-ce que pour contrebalancer l’orgueil de chacun. Il faut se ranger ici à une essentielle modestie, à un fatalisme inévitable. La sagesse en est la récompense. Nous ne sommes qu’un des maillons de la grande chaîne des êtres. À chaque marionnette sa fête. Trois petits tours et puis s’en vont...
Les souvenirs de mon enfance
En quelque lieu se sont perdus,
Et maintenant quand j’y repense
Tous ces moments n’existent plus.
D’autres que moi s’éblouiront
De ce qu’autrefois j’ai connu,
Il n’y a pas d’autre leçon
Que la rançon d’avoir vécu.
Il y aura toujours des fêtes
Il faut se garder de l’envie,
Il n’y a triomphe ni défaite
Simplement le cours de la vie...