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ertains étés méridionaux sont si chauds qu’on referme les volets pour vivre dans la pénombre. Du soleil il convient de se protéger, comme si, à l’image de Dieu, on ne pouvait le voir et vivre.
Cette clarté qu’il nous prodigue, nous en vivons, mais aussi nous en pouvons mourir. Éblouissante toute nue, il faut par conséquent la filtrer, la vêtir. Elle parviendra jusqu’à nous, mais seulement de façon indirecte, tel un discours seulement allusif. C’est plus prudent.
De même, à certains moments de nos vies nous entrevoyons autre chose que ce que nous voyons. D’une existence mêlée et décourageante émergent des illuminations soudaines, des éclairs qui frappent d’inanité ce que nous vivons d’habitude et semblent les prémices d’un tout autre état des choses. Ces instants semblent des révélations, au sens où le voile qui recouvrait nos yeux est enfin retiré. Révélation, Apocalypse, nous précèdent en cela, en annonçant de même faire toutes choses nouvelles.
Malheureusement ces instants où nous effleure l’Essentiel sont fugitifs. Sans doute ne peuvent-ils pas ne pas l’être. Pourrait-on supporter une transverbération constante ?
La clarté essentielle filtre ici à travers portière et volets, en véhément appel. Mais pourquoi pas en menace aussi ? Sommes-nous dignes de l’appel ? Alors la photo devient l’image d’un Jugement, la Porte de la Loi kafkaïenne par exemple, dont on se demande toujours si on sera admis à la franchir. Et peut-être vaudrait-il mieux oublier, au fond, pour ne pas en être dérangés, ce qui nous déracine.
... Le même Appel nous fait vivre et mourir.
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Ce texte est tiré de mon ouvrage La Vraie Vie - Une autobiographie, paru chez BoD en 2024. Pour plus de renseignements à son sujet, pour le commander par exemple sur le site de l'éditeur, merci de cliquer sur l'image ci-dessous :
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