D.R. Tout un monde lointain... R ares sont les moments où nous regardons sous nos pieds. Tout pris par nos occupations, nous sommes aveugles à beaucoup de choses, et ne pensons même pas qu’existent des perspectives dignes de contemplation, autres que...
D.R. Le temps qui reste O n va et on vient, et on pense qu’on pourra le faire toujours. Le temps n’est pas mesuré. On est immortel. Certains signes, pourtant, pourraient nous alerter sur la brièveté de notre séjour ici-bas. Ainsi la vision de ce bâton...
D.R. La Maison du Berger D u proche au lointain s’élève le regard. D’abord le champ, sur lequel est posée l’abri du berger, lui aussi couvert d’herbe. Ensuite la vaste plaine en contrebas, avec en transition la forêt sombre. Enfin la montagne bleue, surmontée...
D.R. Calme et Violence L a vague se dresse, se cabre, face à une force qui s’oppose à elle, la fustige, insère une violence toute proche dans une étendue qui pour le reste demeure étale jusqu’au fond de l’horizon. Le ciel est d’un bleu pur, sans nuage,...
D.R. Quoi derrière ? O n nous a prévenus sans doute, pour nous édifier, qu’au terme de toute attente et de tout chemin s’ouvre une porte, et qu’il faut se tenir prêt à la franchir. Un Jugement peut-être se tient au-delà, qu’il faudra affronter avec une...
D.R. Fétus B ientôt ils seront fondus, et de leur pureté il ne restera rien. Mais précisément c’est à cause de leur côté éphémère qu’ils sont précieux et nous touchent. Ils nous donnent une leçon : la beauté ne dure pas, et tout est promis à la disparition....
D.R. Ce que disent les fleurs S ouvent leur salut nous réconforte. Il nous dit que la nature l’emporte sur toutes les déconvenues, qu’elle est là pour nous accueillir, si graves que soient les renoncements que nous consentons, les échecs que nous subissons,...
D.R. Paix C’ est il me semble un des plus beaux mots qui soient. Ce n’est pas pour rien que dans le monde sémitique elle est à la base de toute salutation : shalom , salam . Pris au sens profond et non formel, sans salamalecs , le mot désigne ce qu’ultimement...
Peu de chose... N ous poursuivons dans nos vies, de façon souvent effrénée, des projets dont la réalisation s’avère chimérique, car sans commune mesure avec ce que nous en attendions. C’est une fuite en avant, où nous passons à côté de nous-mêmes, et...
D.R. Forêt N e te leurre pas : la peur est ta compagne, depuis l’enfant qui redoutait le noir, jusqu’à l’adulte que tu es devenu, et qui s’alarme pour un rien. Prends donc exemple sur le marcheur en forêt. Il y voit l’alternance des lumières et des ombres,...
D.R. Le Pas de côté C ette route, j’y suis passé bien des fois sans rien remarquer de particulier. Pourtant un jour j’ai aperçu dans le fossé qui la borde ces quelques épis en contre-jour, dont j’ai consolé la modestie par un cadrage rapproché qui les...
D.R. Balises E n société, nous n’avons pas licence totale de faire tout ce que nous voulons. Et c’est sans doute une bonne chose, car sinon règnerait l’anarchie, dont la conséquence est la victoire de la seule violence, du plus fort sur le plus faible....
D.R. Un nuage dans le cœur Q uand j’étais enfant, la croix pour moi a signifié quelque chose de vivant. Puis quand je suis devenu adulte elle a été un objet d’étude. Ainsi son contenu pour moi maintenant n’est qu’intellectuel, et non plus émotionnel comme...
D.R. Bribes O n pense voir le tout des choses, leurs tenants et aboutissants en chaque circonstance. On se glorifie de cette omniscience, on en fait parade dans le Grand Théâtre, et on peut en recueillir même des applaudissements. Pourtant on a tort....
D.R. En exil C oquillage et sable ont même origine : la mer, absente de la photo, mais présente en hors-champ pour qui songe à elle. Je ne sais quelle mélancolie me touche à regarder cette image. Peut-être y contribue ici la lumière oblique, celle d’une...
D.R. Terre et Eau C e sont deux parts de notre être, complémentaires, au point qu’on ne peut en choisir une à l’exclusion de l’autre sans rompre cet équilibre. Dans la terre nous sommes enracinés, et notre lieu d’origine sera aussi celui de notre retour...
D.R. Un monde perdu C es voûtes, le monde qu’elles signifiaient, furent pour moi longtemps habités. Aujourd’hui ils sont pour moi vides de présence, et ne reste d’eux que la beauté formelle des arcs et des surfaces, d’un chromatisme savamment étudié selon...
D.R. Sagesse L es nénuphars, ou nymphéas, vivent sur l’eau, et en tirent leur substance. On les voit flotter à la surface, et peut-être, à ne voir d’eux que feuilles et fleurs, oublierait-on ce qu’il y a en-dessous. Ce serait dommage, car on y perdrait...
D.R. Gloires L e bord de mer n’est pas attirant seulement l’été, et par temps clair. C’est ainsi bien sûr que le représentent les cartes postales, limitant énormément la curiosité. Mais le promeneur trouvera profit à le parcourir hors saison, et sous...
D.R. Rien de nouveau sous le soleil C omme vagues sur le sable, s’étendant sans fin, innombrables sont les générations humaines. Et depuis toujours tout a été dit, et tout a été fait, en mal ou en bien, sans véritablement qu’un progrès quelconque soit...
D.R. Le glorieux visage du jardin I l passe en nous, et il déteint sur notre figure. En fait, comme Janus, nous avons deux visages. À côté du soucieux visage de maison (elle est devinable ici en haut de la photo), nous avons un glorieux visage de jardin....
D.R. Juste avant la nuit P lus on avance en âge, plus les choses se simplifient. Au début de la vie elles nous occupent par milliers. L’esprit s’encombre de perspectives qui ou bien n’arriveront jamais, ou bien si elles arrivent montreront leur vanité....
D.R. Impermanence I l y a beaucoup d’orgueil, aussi et d’irréflexion, à penser que l’on est soi-même un être unique et immuable. Car on change toujours, non seulement d’année en année, mais de jour en jour, et même d’heure en heure. En fait si nous voyons...
D.R. Le Fruit et le Nuage F in août, les fruits du sorbier sont d’un beau rouge, mûrs enfin. C’est eux que j’ai voulu photographier. Quand au petit nuage en bas à droite de ma photo, m’en suis-je occupé lorsque je l’ai prise, il y a une vingtaine d’années...
D.R. Éternel retour I J e me souviens des étés de mon enfance, avec leur despotisme accablant, leurs canicules débilitant âmes et corps, et condamnant à la paralysie. Et aussi de cette implacable lumière zénithale qu’ils nous prodiguent, dont il est nécessaire...